• Montsé

Week-end au Karma Ling


Pour la 2ème fois, après mon article sur mon séjour en Ashram au Canada, je vais vous raconter un petit morceau de ma petite vie. Quelques années après avoir découvert le yoga, et par le biais de mes nombreuses lectures à ce sujet, je me suis forcément intéressée à la méditation. Pourquoi forcément ? Et bien parce qu’on le veuille ou non, la méditation est indissociable du yoga. Je ne vais pas rentrer dans les détails maintenant sinon l’article sera trop long et je risque de vous perdre au passage ! Je ferai prochainement un article entièrement dédié à la méditation sous toutes ses formes. Mais pour en revenir au fait que la méditation est indissociable du yoga, ceux qui connaissent les 8 membres du yoga savent que le 7ème membre est DHYANA : la méditation. Donc yoga et méditation sont copains comme cochon.

Donc, je me suis intéressée à la méditation. J’ai commencé par acheter un super bouquin, MÉDITER JOUR APRES JOUR, de Christophe ANDRE, un psychiatre qui explique par le détail ce qu’est la méditation, comment s’y mettre, les bienfaits etc… et avec le livre il y a un CD de méditations guidées par sa voix et ça pour débuter c’est plutôt pas mal.

Mais comme je suis une extrémiste de tout ce que je fais, je me suis dit que le meilleur moyen d’apprendre à méditer c’était de me tourner vers ceux qui font ça depuis toujours, les bouddhistes ! Et côté bouddhistes à Grenoble on est plutôt gâtés, ou chanceux (ou les deux !). Nous avons deux temples bouddhistes pas trop loin, celui de Montchardon, et juste après Allevard, en Savoie, le centre KARMA LING d’Arvillard. C’est vers celui-là que mon choix s’est porté. Tous les lundis en fin d’après-midi ils proposent gratuitement des séances de méditation guidée, c’est une bonne entrée en matière et ça permet de découvrir cet endroit hors du temps. J’ai donc commencé par une séance guidée un lundi soir, mais ça n’était pas assez pour moi. J’ai donc décidé d’y passer un week-end complet.

Et me voilà arrivée, avec mon baluchon, un samedi matin de septembre, frais et brumeux, pour 2 jours d’Introduction au DHARMA (l’histoire de Bouddha en fait), méditation et yoga Tibétain ! Génial ! J’étais tellement contente ! On aurait dit que j’allais à Disneyland ! Bon j’avais quand même choisi la formule chambre particulière, faut pas pousser non plus, la communauté n’est pas trop mon truc, et partager ma chambre et mes toilettes avec une inconnue encore moins.

Après m’être installée dans ma chambre, fait mon lit (ben oui on n’est pas à l’hôtel non plus !), j’entends le son du gong qui annonce le début du programme du week-end. J’enlève mes chaussures et je rentre dans le temple.

Bienvenue ailleurs ! Tout est rouge et or, magnifique. Une ENORME statue de bouddha trône au milieu de la pièce. J’adore. Et c’est une Lama (si, si ! une femme) qui va nous guider pendant ces 2 jours. Elle doit avoir une quarantaine d’années et respire le calme et la sérénité (un peu tout le contraire de moi en fait !).

On doit d’abord se présenter chacun son tour, matricule, activité professionnelle etc… Mais pourquoi ? Je DÉTESTE ça ! C’est chaque fois la même chose, quand arrive mon tour et que je dis comment je m’appelle, tout le monde me regarde avec des yeux ronds, et en principe on me fait répéter mon prénom. Euh pardon ? Tu peux répéter ?...alors je répète… Euh non mais c’est vraiment ton prénom ? Ben non en fait mon vrai prénom c’est Obiwan Kénobi mais comme c’était un peu long j’ai choisi Montserrat. NEXT !


Bref, elle va nous raconter la vie de Bouddha, de son vrai nom SIDARTA, fils de roi et de reine, né dans l’abondance, qui s’est même marié et a eu un fils, mais qui par hasard a découvert la vie hors du palais et a compris soudain que la souffrance, la vieillesse, la maladie et la mort existaient. Ni une ni deux, il plaque tout, le trône, le palais et tout le toutim (je vous la fais courte parce qu’en réalité ça n’a pas été aussi facile que ça pour lui) et il va à la rencontre des gens. Il rencontre des ascètes et devient encore plus ascète qu’eux, mais il devient tellement maigre et faible qu’il est à deux doigts de mourir, il décide donc de recommencer à manger, de se faire un coussin avec de l’herbe et de s’assoir sous un arbre, il choisit la voie du milieu, ni trop de plaisir, ni trop de privation, et décide de ne pas bouger de cet endroit tant qu’il n’a pas atteint son but. Il reste là en tailleur et fini par atteindre l’EVEIL.

(Là je suis allée vite, mais ça fait presque 1 h 15 qu’elle nous raconte cette histoire passionnante et que je suis assise en tailleur, et à ce moment précis de l’histoire j’ai tellement mal partout, aux genoux surtout, que je me dis qu’il va falloir s’y mettre à plusieurs pour me relever).

Bref, une fois l’éveil atteint, il voit tout clairement et comprends que la recherche du plaisir apporte toujours de la souffrance, parce que le plaisir fini toujours par s’évanouir, et que pour mettre un terme à la souffrance il faut enlever de notre cœur l’égoïsme, la haine et le désir.

Bouddha meurt à 81 ans, il s’est allongé entre 2 arbres, sur le côté, sa tête posée sur une main pour rendre son dernier souffle. Ses dernières paroles disaient : « Ne vous attachez à rien et vous serez heureux ! ».

Un rayon de soleil entre par les petites fenêtres du temple, c’est chouette. Et maintenant c’est l’heure du déjeuner.

Bien évidemment l’alimentation ici est strictement végétarienne, le Bouddhisme prône le respect de la vie et il n’est absolument pas concevable de tuer un être vivant pour se nourrir. Donc c’est tout bon pour moi. On arrive dans le réfectoire, d’abord un mantra est récité, et ensuite on peut se servir. De grandes casseroles sont installées sur des tables, on prend un plateau et des couverts et on se sert. Les 20 premières minutes du repas se font en silence, après on peut parler. Bon… soyons honnêtes, on ne vient pas ici pour la nourriture, c’est sûr. D’ailleurs il y a un ANI dans mon assiette (Aliment Non Identifié). Une purée jaune. Le reste du repas est très simple, voire même basique, et pas de dessert (m’en fiche j’ai apporté mon régime de banane !). Le soleil brille fort maintenant et il fait presque chaud. Je choisis une table dehors, seule bien sûr… hehehe

Ensuite c’est Karma yoga, le service désintéressé rendu au centre, je vais donc essuyer la vaisselle, avec une bande de joyeux drilles, dans la bonne humeur.

A 14h on nous propose une visite guidée du temple. Ah bon ! Vous êtes sûrs ? Parce que moi c’est plutôt d’une bonne sieste dont j’ai envie. Impossible de m’éclipser discrètement, je suis donc le groupe.

A 15 h 30 on commence les séances de méditation. Méditation silencieuse pendant 1 h ! Au secours ! J’ai l’impression d’avoir une hache plantée au milieu du dos, et je viens définitivement de perdre mon pied droit (Adieu l’ami, on t’aimait bien…). Heureusement on enchaîne avec une méditation marchée, et miracle mon ami le pied droit vient de ressusciter ! On marche en rond dans le temple, en silence. Ensuite on se rassoit, et on re médite, et par 2 fois je m’endors… assise. La honte ! Pas que je me sois mise à ronfler (comme mon voisin de coussin d’ailleurs !) mais juste le coup de tête vers l’avant qui te fait bien comprendre que OUI tu roupilles. Coup de gong, c’est terminé. Maintenant on doit expliquer à tour de rôle ce qu’on a ressenti. Je suis la dernière à parler, et je dis 2 pauvres phrases insipides… Quand je vous dis que je n’aime pas ça !

Ensuite retour au réfectoire où on a droit à un thé… Enfin en principe. Quand arrive mon tour il ne reste plus qu’un demi -centimètre de thé dans le thermos et il y a encore 6 personnes derrière moi. Tant pis. Du coup, je cours dans ma chambre, je chope une banane et quelques sous et je file à la boutique m’acheter des biscuits. Je sais, c’est moche.

Et là j’entends le gong ! Et je sais ce qu’il annonce ce petit gong… le cercle d’échange ! Sauf que moi je ne suis pas venue pour échanger, mais pour méditer, donc mes amis vous échangerez sans moi ! C’est vraiment pas mon truc ce genre de réunions, j’y suis complètement allergique. Je vais donc profiter du soleil pour lire… et faire quelques photos de cet endroit sublime.

A 19 h c’est la pratique du CHENREZI. Une sorte de grand-messe bouddhiste. Beaucoup de bouddhistes des villes voisines viennent assister à cette pratique, il y a donc beaucoup de monde. Tous les lamas sont habillés en bordeaux, la plus haute instance du centre est là, assise plus haut que les autres, ils récitent des mantras (surtout le Om Mani Padme Hum), chantent de longs mantras traduits en français, au son d’une musique parfois assourdissante. C’est vraiment quelque chose d’exceptionnel. Et ensuite c’est dîner. Alors à midi j’avais pu m’esquiver discrètement dehors étant donné qu’il faisait beau, mais là il fait nuit et manger à la frontale en claquant des dents, ça n’est pas zen du tout. Il va donc falloir que je surpasse ma crainte de l’humain et partage ma table avec des inconnus… aaaaargh ! Pour le menu c’est sans surprise. J’ai retrouvé mon ANI (aliment non identifié) de midi qui s’est transformé en soupe à grand renfort de litres d’eau, et les légumes du midi sont maintenant étalés sur des plaques à lasagnes. Rien ne se perd, tout se transforme. Et c’est très bien comme ça. Et ce soir c’est la fête, y’a de la compote !

Je remonte dans ma chambre à la lueur de la frontale, récupérant au passage une petite dame qui n’avait pas lu qu’il fallait une lampe de poche OBLIGATOIRE pour venir ici, et je l’accompagne jusqu’à sa chambre, ce sera mon Karma yoga (service désintéressé) du soir ! A 21 h je suis au lit, blottie sous mes couvertures et je sens que je ne vais pas tarder à sombrer, en plus je veux absolument assister à la pratique du matin, à 7 h.

Qu’est-ce qu’on dort bien ici !! Aucun bruit, obscurité totale, j’adore. A 6 h 30 quelqu’un se promène en agitant une clochette pour réveiller tout le monde. De toute façon je suis déjà debout depuis 5h30, je me suis déjà douchée, habillée, j’ai défait mon lit et refait mon sac. Je dois libérer ma chambre avant midi. Je me rends au temple et là… surprise ! On est deux fois moins que la veille au soir. On n’est pas tous du matin on dirait ! On commence par 15 mn de chants et mantras mais sans les instruments de musique, puis 30 mn de méditation silencieuse, de contemplation. Ma hache dans le dos est vite revenue, j’ai beau me concentrer sur ma respiration, c’est affreux comme j’ai mal. Ensuite c’est un long texte qui est récité au rythme d’un tambour. Et puis c’est fini.

8 h : breakfast ! Et ensuite c’est yoga tibétain… Bon c’est du yoga tranquillou tranquillou, en fait ce sont des étirements doux, des auto-massages et de la relaxation, pas de salutations au soleil ni de guerrier. Ensuite 30 mn de pause et c’est reparti pour l’histoire de Bouddha. Notre lama est gentille comme tout, mais en plus de la hache dans le dos j’ai un pieu maintenant. J’ai du mal à me concentrer sur ce qu’elle dit tellement cette douleur est empoisonnante.

La matinée touche à sa fin. C’est déjà l’heure du déjeuner. Il fait à nouveau très beau et chaud, on mange dehors, et comme tout le monde commence à se connaître un peu, tout le monde papote. C’est très convivial.

Le week-end est presque terminé, cet endroit respire la tranquillité et la sérénité, et en dehors de mon mal de dos j’ai beaucoup avancé dans la méditation (je ne sais même pas si c’est français ça !).

J’ai quelques outils maintenant pour pratiquer chez moi, quotidiennement, parce que si on veut tirer des bénéfices de la méditation il faut pratiquer tous les jours, et oui, c’est comme pour le sport, si on veut rester tonique c’est tous les jours qu’il faut faire du sport. Je vais m’y astreindre, une dizaine de minutes seulement, mais tous les jours. Il faut juste que j’ajuste ma posture pour m’éviter cette douleur horrible dans le dos. Je vais travailler là-dessus aussi. Bon je vous laisse, je vais méditer quelques minutes…

#weekend #karmaling

"Prends soin de ton corps pour que ton âme ait envie d'y rester..."  

  Proverbe indien  

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