• Montsé

Ashram, mon bel ashram...


Je m’étais promis qu’un jour j’irais… Où exactement ? Et bien passer un peu de temps dans un ashram. Et le film « Eat, Pray, Love » n’avait fait qu’aiguiser ma curiosité et mon envie d’y aller. S’il y en a encore parmi vous qui n’ont pas vu ce film c’est quelque chose qu’il va falloir réparer très vite. Dépêchez- vous de vous le faire prêter ou pire encore téléchargez-le (je sais c’est moche), mais vous devez voir ce film.

Mais c’est quoi exactement un ashram ?

Et bien dans l'Inde ancienne, les ashram ou ashrama (en sanskrit) étaient des ermitages retirés dans la nature, dans la forêt ou la montagne, où les sages vivaient dans la paix et la tranquillité, loin de l'agitation du monde ... Ce n’est plus exactement ça de nos jours, tout le monde peut séjourner dans un ashram, pas besoin d’être un swami ou d’être hindou, tout le monde est le bienvenu. Par contre c’est toujours un endroit dans la nature qui respire la paix et la quiétude. Pour résumer l’ashram est un lieu de retraite.

Par le plus grand des hasards la seule formation correspondant à ce que je cherchais (une certification en nutrition végétarienne et ayurvédique) avait lieu dans un ashram… au Canada, au Québec plus exactement. Je sais, j’aurais pu trouver plus près, mais justement je n’ai pas trouvé. Mais qu’à cela ne tienne, je vais pouvoir faire d’une pierre trois coups : la formation, le séjour en ashram, et découvrir un peu le Canada !

Après 8 h de vol, 30 mn de bus, 10 mn de métro, 2 h de bus encore et 10 mn de taxi supplémentaires, me voici donc avec ma valise lourde comme si elle était pleine d’enclumes devant l’entrée de l’Ashram Sivananda de VAL MORIN, dans la région des Laurentides au nord de Montréal.

Il fait très beau, étonnamment chaud, moi qui ai rempli ma valise de sweat-shirts (de cotons ouatés comme ils disent au Québec), et de T-shirts (des chandails qu’ils disent) à manches longues. Je traine ma valise comme un poids mort sur un chemin de terre et de pierres pour aller à la réception où une très gentille dame m’explique avec un accent Québécois que j’ai parfois du mal à comprendre les « règles » de l’ashram et le programme quotidien. Pour moi qui suis là pour une formation le programme sera légèrement différent de celui des autres, en clair : encore plus intense.

5h30 : Lever. 6h-8h : Satsang (méditation et chants de mantras). 8h-10h : classe de Yoga.

10h : brunch (et chacun fait sa vaisselle après). 11h-19h : Formation théorique, pratique et Karma Yoga (service désintéressé que l’on rend à l’ashram, pour nous c’est remettre au propre la cuisine et la vaisselle). 20h : Satsang (chants de mantra et/ou méditation, concert, conférence, échange philosophique etc…).22 h : extinction des feux (si on n’est pas déjà tombés inertes sur son lit avant).

J’ai choisi de dormir dans un dortoir, d’abord parce que c’est quand même moins cher et surtout pour essayer un peu de me sortir de ma zone de confort, moi qui suis une vraie sauvage, qui n’ai jamais aimé le camping, et qui aime la solitude et mon intimité. On m’indique où se trouve mon dortoir qui s’appelle GANGA (Gange en Sanskrit), et je dois donc une nouvelle fois traîner mon bagage sur un long chemin accidenté de terre et de pierres et franchement ça roule super mal. J’ai le compartiment N°1. Un petit lit, une table de chevet avec une petite lampe et une étagère, et c’est tout. J’ai une fenêtre, protégée par une moustiquaire (je vais vite comprendre que sans ça ma vie là-bas serait un enfer !), et un rideau qui ferme mon box pour un peu d’intimité visuelle dira-t-on, parce que côté isolation phonique c’est zéro.

J’ai juste le temps de faire mon lit (il faut venir avec ses draps et tout et tout), de vider ma valise et de tout mettre sur l’étagère et il est déjà l’heure du dîner : 18 h. Je me rends donc dans la salle où le repas est servi. Et c’est là que j’ai vraiment compris où j’étais…J’arrive et je vois qu’une vingtaine de personnes font une ronde, main dans la main. Quelqu’un me prend la main et me fait entrer dans la ronde et tout à coup je sens une toute petite main attraper la mienne, c’est une petite fille qui doit avoir 6 ans qui vient de me prendre la main pour la prière avant le repas, et elle me regarde avec un grand sourire édenté. Et tout le monde se met à chanter, enfin tout le monde… sauf moi. Un long mantra en sanskrit qui se termine par Hare Krishna, Hare Khrisna et Om shanti shanti shantiiiii. Je suis un peu perturbée de ne rien connaître de leurs codes mais ça ne va pas durer. Par contre je ne vous cache pas que pendant un instant je me suis regardée de l’extérieur, faisant la ronde avec des gens vêtus de jaune et blanc ou de orange, chantant à tue-tête HARE KRISHNA et répétant des longues phrases en sanskrit et j’ai ressenti un ptit truc entre la curiosité et l’envie de… fuir. Mais cette sensation a été fugace parce que j’avais super faim et que mon estomac a détourné mes pensées de cette sensation qui, je le reconnais, était débile.

J’ai donc pris mon premier repas, dehors, avec des plats en inox, comme en Inde, et un américain est venu me tenir compagnie. Un prof de yoga du nouveau Mexique. Après j’ai fait ma vaisselle, comme au camping et je me suis écroulée sur mon petit lit à 20h30, vidée.

La nuit à l’ashram est très calme, c’est en pleine forêt, il n’y a pas un bruit, à part bien sûr les ronflements des voisines de dortoir…mais on fait avec.

Et soudain, surprise… à 4h15 le portable de ma voisine sonne. Elle se lève, pas super discrètement (le sol est fait de planches de bois) elle sort du dortoir, encore moins discrètement, (mon compartiment étant le N°1, je suis juste à côté de la porte d’entrée du dortoir, et au-dessus de cette porte il y a un éclairage très violent qui reste allumé toute la nuit, donc à chaque fois que quelqu’un ouvre cette porte, on se croirait sous les sunlights des tropiques dans mon compartiment !), elle va se doucher dans le cabanon en face, elle revient, en faisant toujours autant de bruit, elle prépare ses affaires, s’habille et à 4H45 ressort du dortoir en claquant presque la porte. J’ai compris très vite que ma voisine, au demeurant fort sympathique, est en formation avancée de prof de yoga, le ATTC (Advanced Teacher Training Yoga, prononcez éyetitici pour faire classe), et que dans sa formation elle a 1 h de pranayama tous les jours à partir de 4h45. Je me suis donc réveillée à 4h15 tous les jours ! Youpi !

En fait ça m’arrangeait bien ce truc parce que du coup, à 4h45 je filais sous la douche (le plus discrètement possible par contre), et là j’étais tranquille, il n’y avait personne et je pouvais presque me croire chez moi, sans être obligée de me contorsionner sous la minuscule douche pour essayer de me rhabiller sans sortir de la douche pour ne pas montrer ma nudité au public ! Ben oui je suis pudique, et alors ?

Ensuite à 5h45 la cloche re sonne pour indiquer qu’il est temps de se diriger vers le temple, et c’est donc ce que je faisais.

Mon 1er satsang a été très marrant si j’ose dire. Etant donné que mon genou gauche n’était pas très en forme j’ai préféré prendre une chaise et le livre des mantras, et de rester au fond du temple, avec les… vieux. Ben oui, au-delà de 75 ans on peut les appeler comme ça sans être insultant il me semble ! Je me retrouve donc avec un petit papy anglais octogénaire à droite et un hindou du même âge à gauche. Et ça commence… d’abord un chant d’introduction en musique et en sanskrit, chanté par les hautes instances de l’ashram si j’ose dire et par les 3 swamis invités, arrivés tout droit de l’Himalaya, ensuite pranayama et 30 min de méditation silencieuse. Et c’est après que ça se gâte… grand moment de solitude pour moi. Tout le monde se met à chanter en musique, à tue-tête, des tas de mantras, je feuillette mon livre frénétiquement, comme si tout à coup j’allais réussir à reconnaître sur un livre en sanskrit, le mantra qu’ils sont en train de chanter (n’importe quoi !). Bref mon voisin anglais a pitié de moi, et me montre la bonne page. Et là ça va nettement mieux. Et tout de suite j’ai adoré. Cette ferveur, cette énergie communicative ! Le satsang se termine par 30 min d’échange philosophique avec les 3 swamis (j’ai oublié de préciser que tout est en anglais) et c’est juste fascinant de les entendre parler de leur chemin de vie, de leur rencontre avec le yoga pendant leur enfance en Inde, de leurs maitres etc… Et j’ai pensé « Vivement demain ! ».

Ensuite à 10 h c’est classe de Yoga, 2 h de yoga Sivananda. C’est-à-dire un enchainement de 12 postures précises, entrecoupées de pauses en savasana (relaxation allongée sur le dos), qui commence par de longues séances de pranayama (exercices de respiration pour les non-initiés), quelques salutations au soleil d’abord et direct posture sur la tête. C’est un peu surprenant, mais on s’habitue. Et comme de toute façon comme on est à jeun depuis la veille 18 h, soit quasiment 14h de jeûne, aucun risque de voir remonter quelque chose de mon estomac. Chaque jour c’est un prof différent, j’ai pratiqué avec un hindou qui parlait un anglais sûrement très compréhensible par les habitants de Bombay mais juste incompréhensible pour moi, avec une américaine de 84 ans hyper drôle et que j’ai vue se mettre sur la tête le lendemain alors qu’elle était élève du cours cette fois, et avec d’autres professeurs tout aussi sympathiques.

Ensuite ENFIN on mange ! Parce que là on a quand même franchement les crocs après 16h de jeûne. Mais comme on sait se tenir, on ne court pas comme un chacal vers le buffet la bave aux lèvres. Donc je fais d’abord une petite halte vers ma "case", je me change, je me lave les mains dans le cabanon sanitaire et vers 10h10 je vais manger (et en plus ça m’évite la ronde Hare Krishna dont je vous ai parlé au début, et dans laquelle je suis moyennement à l’aise). Donc c’est un brunch, des légumes, du riz, du dhal (soupe de lentilles), de la salade, et quelques tranches de pain avec au choix beurre, confiture et beurre de cacahuète. Personnellement je mange un peu de tout (sauf la salade) et je me fais 3 grosses tartines au beurre de cacahuète. Avec ça je suis sûre de tenir jusqu’au prochain repas 8 h après. Ah oui j’avais oublié de dire que la nourriture est végétarienne, mais les œufs sont interdits également, de même que l’ail et l’oignon (qui apparemment agitent l’esprit), tout comme le thé et le café. Et je ne sais pas pourquoi mais il n’y a jamais de fruits. En fait il n’y a jamais de dessert. Aucun risque que je prenne du poids donc.

Ensuite vaisselle, et on file à la formation à 11 h.

La formation est dispensée par le Dr Sonal BHATT (que j’ai très vite surnommée BHATT Woman, mais dans ma tête seulement bien sûr !). Elle est médecin ayurvédique à Toronto, ne parle donc qu’anglais, mais un anglais indien donc juste incompréhensible, et elle a un caractère sacrément trempé. La formation consiste à nous apprendre les bases de l’ayurveda, et surtout à cuisiner des plats végétariens sattviques, qui équilibrent donc les 3 doshas.

Je ne peux pas vous expliquer ce qu’est l’Ayurveda en seulement quelques lignes (textuellement la science de la vie) mais pour faire très court je peux juste vous dire que pour la médecine indienne il existe trois types de tempéraments, 3 doshas, PITTA (Feu), VATHA (Air) et KAPHA (Eau). Ces 3 tempéraments sont présents chez tous les êtres humains mais dans des proportions différentes, et nous avons donc tous un dosha dominant. Pour connaître le dosha dominant de quelqu’un on doit lui poser une foultitude de questions parfois très particulières, c’est un médecin Ayurvedique qui fait ça en principe mais vous pouvez trouver des questionnaires sur internet, ce ne sera pas aussi précis qu’une consultation mais ça vous donnera une idée assez juste de votre dosha dominant. Donc reprenons, en fonction de votre dosha, il existe une manière de vous alimenter, certains aliments vous sont fortement déconseillés. Par exemple si votre dosha dominant est PITTA (le feu) il faut absolument que vous évitiez tout ce qui est très piquant, très excitant (le piment, le café) sinon vous aggravez votre excitation, votre énervement et votre agressivité. Il vous faut donc des aliments plutôt apaisants etc… En Ayurveda tous les aliments ont une qualité, un guna. Ils sont soit Rajasiques : excitants, stimulants, énergisants, Tamasiques : lourds, difficiles à digérer, générateurs de maladies, ou sattviques : qui apportent une bonne énergie, légers à digérer, bons pour la santé. Et ce sont ces aliments que nous allons cuisiner toute la semaine, ça parait juste logique.

On commence la formation par la préparation d’un jus de légumes et fruits frais. Betterave, carotte, chou kale, épinards, cèleri, gingembre, et quelques fruits. Ensuite on monte dans la salle de classe pour la théorie, les doshas, les gunas, les incompatibilités entre aliments, l’équilibre des protéines dans un repas, les problèmes digestifs et leurs solutions, les cures de détox, le jeûne etc… C’est passionnant quand on a déjà comme moi quelques bases de nutrition et d’Ayurveda sinon c’est la galère totale. 2 participants n’avaient jamais entendu parler d’Ayurveda et encore moins d’acides aminés dans les protéines et je lisais parfois le désespoir dans leurs yeux, c’est vrai que ça faisait beaucoup de choses à assimiler en peu de temps.

Ensuite c’est l’heure du Tchai (mélange d’épices, de thé noir et de lait que l’on fait bouillir très longtemps). Etant donné que sur les 9 personnes présentes nous étions 5 à ne pas boire de lait, nous faisions 2 casseroles différentes. Les buveurs de lait faisaient la recette classique indienne, et nous les «non Milk drinker », nous rajoutions dans nos verres au moment de le boire un nuage de lait de riz ou d’amande. Ceci accompagné d’en-cas indiens, type riz soufflé aux épices ou pop-corn (mais pas de maïs, d’une autre céréale qu’on trouve en Inde) avec aussi des épices. Personnellement j’aurais préféré un bon muffin aux pépites de chocolat mais BHATT woman a dit que ce n'était pas sattvique du tout. Je n'ai pas osé lui parler du Nutella, je crois qu’elle m’aurait étranglée avec son tablier de cuisine !

Ensuite on descend en cuisine, et elle nous donne les 5 recettes que l’on doit préparer en 4 h. Elle nous explique les bienfaits de chaque ingrédient, son action sur chaque dosha. Il faut donc d’abord sortir tous les aliments dont a besoin, et ensuite commencer le trempage des fèves de soja, du moong dhal (lentilles de soja), rincer le riz et le mettre à cuire, mixer si besoin certaines épices, et couper ou hacher tous les légumes nécessaires, le tout en faisant la vaisselle au fur et à mesure à chacun notre tour. Ensuite on commence les cuissons, et la préparation des plats froids (les chutney, la raita -mélange de yaourt, d’épices et de légumes crus-). Tout ça dure un certain temps… A 18 h on doit avoir tout fini pour passer à table. Et on déguste alors le fruit de notre travail. Plutôt pas mal d’ailleurs. Et dans la bonne humeur (bonne humeur contenue quand même parce qu’il parait qu’il ne faut pas parler en mangeant, pas facile pour des occidentaux, et avec les copines on s’est faites gronder gentiment plus d’une fois !). Ensuite c’est encore vaisselle, essuyage et rangeage (je sais que ce n'est pas français mais ça rime), et après on papote avec les filles devant nos cabanes respectives, en se donnant des gifles parce que c’est à cette heure-ci que tous les moustiques du Canada se ruent sur nous pour nous pomper 3 litres de sang. Au bout de 3 jours ont ressemblait toutes à des coccinelles, couvertes de points rouges. Ensuite on file chacune dans nos douches, parce que j’ai oublié de vous dire qu’il faisait à peu près 35°, très humide, et qu’avec la chaleur des fourneaux on était tous bien poisseux.

J’ai réussi à assister au satsang du soir seulement 2 fois (de 20h à 22h), c’était parfois des conférences, des concerts, des débats et un peu de méditation, mais bien souvent à 21 h j’étais sous la douche, épuisée.

Et ensuite je regagnais mon dortoir et je m’effondrais.

Et le lendemain 4h15 REVEIL !!!

Mes journées ont toutes été calquées sur le même rythme. Un matin nous avons fait le satsang dehors, il y avait un peu de brouillard, et nous avons fait une méditation silencieuse marchée dans la forêt dans le brouillard matinal (enfin silencieuse… si on fait abstraction du bruit des claques que l’on se mettait régulièrement parce que dans la forêt humide c’est pas de la crème anti moustique qu’il faut, c’est un lance flammes, et comme j’avais oublié le mien à la maison, j’utilisais la bonne vieille méthode de la claque). Ensuite on s’est choisi chacun un endroit, une roche, pour s’installer confortablement pour les 30 mn de méditation. Moi je m’étais trouvée un rocher et je m’étais momifiée dans mon paréo pour échapper à ces morfales de moustiques. Les swamis indiens étaient magnifiques, entièrement recouverts de leur drap orange, visage compris (tu parles, pas fous les swamis, ils ont vite compris eux aussi que les moustiques n’étaient pas leurs amis).

Nous sommes allés aussi visiter un jardin botanique avec la formatrice, de plantes médicinales, c’était chouette ! Et puis un soir avec les filles canadiennes qui avaient leur voiture, on est allées se balader à VAL DAVID, le village à côté, et on est allées boire un roiibos dans un salon de thé, accompagné d’un ENORME brownie cru au chocolat et noix de pécan (sûrement pas sattvique du tout mais trop bon).

Le dernier jour de notre formation nous avons eu notre examen de certification. Elle nous a donné à chacun une recette et nous devions la faire tout seul, et elle nous a annoncé que nous avions des invités. Nous avons dû cuisiner pour 16 personnes, dont le directeur de l’ashram, jeune swami brésilien super sympa, les 3 swamis de l’Himalaya et encore d’autres personnes de l’ashram. C’était un peu stressant, parce qu’on cuisinait tous en même temps, donc je vous laisse imaginer le bazar dans cette petite cuisine. Mais on se marrait bien et on a presque fini dans les temps, avec 20mn de retard. Les swamis ont adoré notre cuisine et nous ont longuement remerciés de notre invitation. Moi j’étais pétrifiée devant ces sages, impressionnée et très touchée. Et puis on a eu notre remise de diplôme dans le temple, chacun notre tour, avec un petit rituel à respecter, s’agenouiller devant les statues des divinités hindoues, devant les statues des deux swamis les plus importants de cet ashram, Swami Sivananda, décédé en 1963 et Swami Vishnudevananda, décédé en 1993. Puis on se met en tailleur devant le directeur de l’ashram, on le remercie du fond du cœur, et on essaie d’oublier tout de suite qu’il est beau à tomber par terre, parce que c’est un swami, donc un religieux.

Voilà, je vous ai raconté l’essentiel de mon séjour, j’ai oublié de vous dire qu’au Satsang du jeudi, le Guru’s day, il y avait une cérémonie très spéciale pendant laquelle les swamis étaient en cercle au sol, avec des fleurs, des encens, et une grande assiette pleine de lait et de Ghee (beurre clarifié) et tout le monde à tour de rôle (donc dans tout le monde il y a aussi MOI…) a dû aller se mettre à genou devant les swamis, front contre le sol, et ensuite verser sur cette assiette avec une cuillère un peu de lait, tout ça en musique avec des chants de mantras. Et ça, je ne sais pas pourquoi, ça a été un tsunami émotionnel dans ma tête. Entre le stress de me casser la figure à cause de mon genou blessé et de finir à plat ventre devant les swamis ou pire la tête dans l’assiette de lait, et le fait que j’étais très impressionnée par ces 3 personnages, dès que je me suis relevée pour regagner ma place assise au sol (parce que j’avais abandonné la chaise entre les 2 « anciens » dès le 2ème jour, j’ai quand même ma fierté…), donc en retournant m’assoir par terre les larmes se sont mises à couler toutes seules, et ce jusqu’à la fin du satsang, en plus on nous a ensuite fait un bindi sur le front avec une poudre blanche qui sentait très bon, on nous fait manger une sorte de pâte sucrée, bref, c’était trop d’émotions pour moi. Mais c’était des larmes de joie je le sais, juste un trop plein d’émotion.

J’ai vécu des expériences inoubliables, me suit faite des amis canadiens que je reverrai sûrement, (Elizabeth, Caroline et Alyssa je pense à vous !), connu un peu de ce pays que j’ai trouvé génial, appris plein de choses, côtoyé des swamis prestigieux, cuisiné pour eux et partagé leur repas, et malgré mes journées très remplies, et le peu d’heures de sommeil , je suis rentrée en France avec une patate de dingue (Le Dr BHATT dirait sûrement que ça vient de la nourriture sattvique, des chants de mantra, de la méditation et des deux heures de yoga par jour, et je pense qu’elle a raison).

Ashram, mon bel ashram, ne m’oublie pas, parce que moi je ne t’oublierai jamais…

#ashram #canada #voyages #formation

"Prends soin de ton corps pour que ton âme ait envie d'y rester..."  

  Proverbe indien  

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